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Déclaration – Se préparer au grand séisme : protéger la santé face aux séismes

Déclaration du docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe

2 juillet 2026
Déclaration
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Merci, Monsieur le Ministre Memişoğlu, de nous accueillir, et merci à la Türkiye pour le leadership dont elle a fait preuve.

Avant toute chose, nos pensées vont au peuple du Venezuela. Il y a quelques jours à peine, 2 violents séismes y ont fait de nombreuses victimes et endommagé les établissements de santé essentiels pour les familles. C’est un rappel douloureux de la raison pour laquelle nous sommes réunis ici aujourd’hui. Les séismes frappent sans prévenir. Trop souvent, ce n’est pas le séisme lui-même qui tue, mais les bâtiments qui s’effondrent dans son sillage.

J’étais ici dans les jours qui ont suivi le 6 février 2023. J’ai parcouru les abris temporaires installés par la Türkiye dans les régions touchées, parlé avec des survivants et vu les équipes médicales d’urgence, parmi les mieux équipées que j’aie jamais vues, soigner des personnes qui avaient tout perdu. Je ne l’oublierai pas. Derrière chaque chiffre de ces journées, il y a une personne. Une famille. Des vies bouleversées à jamais.

Février 2023 nous a enseigné des leçons difficiles. Il nous a montré que, lorsqu’un séisme frappe, les hôpitaux ou les cliniques, ces lieux vers lesquels les populations se tournent pour obtenir de l’aide, peuvent eux-mêmes ne pas y résister.

Il nous a aussi montré ce que signifie être prêt. Les équipes que j’ai vues ici, en Türkiye, sont parvenues auprès des survivants en quelques heures. Plus de 50 000 patients ont été mis à l’abri au cours des premiers jours. Cette capacité n’est pas le fruit du hasard. Elle avait été préparée en amont.

La leçon est simple. On ne peut pas attendre la catastrophe pour se préparer.

Un hôpital conçu pour résister protège des vies lorsque le sol tremble sous nos pieds.

Un hôpital qui s’effondre fait lui-même partie du bilan de la catastrophe, aggravant encore une situation déjà dramatique.

Les données montrent que construire un hôpital capable de résister à un séisme n’ajoute que 1 à 4 % de coûts supplémentaires, pour un bénéfice plus de 4 fois supérieur à cet investissement.

C’est le choix le plus judicieux, et c’est ainsi que les pays peuvent protéger leur population.

C’est la raison pour laquelle nous sommes ici, car aucun pays ne peut se préparer seul. Aujourd’hui, des ministres de toute notre Région et d’ailleurs ont approuvé une déclaration finale, un engagement commun sur ce qu’il faut pour protéger la santé face aux séismes. Des hôpitaux qui résistent. Des équipes médicales d’urgence et des personnels de santé formés et prêts à intervenir. Des communautés informées, mobilisées et capables d’agir. Des plans testés et répétés lors d’exercices. Une coordination de l’ensemble des pouvoirs publics, réunissant les différents secteurs. Personne ne doit être laissé de côté.

Le prochain séisme surviendra. Nous ne pouvons pas choisir quand. Mais nous pouvons choisir si nos systèmes de santé seront prêts à y faire face lorsqu’il arrivera.

Les séismes constituent une menace majeure pour la sécurité sanitaire, qui exige des investissements soutenus, une préparation continue et une collaboration internationale.

La Türkiye nous a montré que c’était possible et a partagé ouvertement les enseignements tirés de son expérience afin que d’autres puissent en bénéficier. Teşekkürler, Türkiye.

Il nous appartient maintenant à tous d’agir à partir de ces enseignements, avant le prochain séisme, et non après. 

Merci.